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Les intellectuels chrétiens et les Juifs Au Moyen-Âge
Gilbert dahan
Dans une société chrétienne qui peu à peu se replie sur elle-même comme la société médiévale, la présence des Juifs paraît un sujet de stupéfaction, sinon de scandale. Est-il possible d’admettre la pratique d’un culte, la fidélité à une doctrine que la venue du Christ a rendus inutiles ? À cette question, les textes faisant autorité répon-dent positivement. Aussi l’attitude des chrétiens du Moyen-Âge a l’égard des Juifs et du judaïsme est-elle tendue entre deux pôles : attrait, crainte. Attrait qui provoque un dialogue de tous les instants, dans la rue, autour de la Bible, autour de la science ; crainte, de la séduction judaïque, qui aboutit à des mesures d’isolement et à une constante polémique, s’exaspérant parfois en crises meurtrières. Tension encore, parce que le peuple juif ne cesse, par sa présence même, d’interpeler le peuple chrétien : coincé dans le passé, il reste un contemporain du Christ, projeté dans le futur, il représente l’aboutissement de l’histoire du Salut.
Rompant avec la tradition d’une concep-tion monolithique du Moyen-Âge chrétien dans ses rapports avec les Juifs, cet ouvrage s’efforce de restituer dans sa complexité la pensée chrétienne sur le judaïsme, vou-lant retrouver, dans une doctrine qui ne triche pas avec elle-même, les conditions d’un dialogue authentique dont le Moyen-Âge a dit aussi qu’il était fraternel.
(prix public 260f)
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