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Les lumières de Rachi
Rav Shaoul David Botschko
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Eclaircissements et questionnement à partir des commentaires de Rachi
Éminent commentateur de la Thora et du Talmud, Rachi (1040-1105) est devenu au cours des siècles la référence de tout étudiant. Dans. une langue concise et claire,. il livre à tous les clés indispensables à une bonne compréhension de la Thora. Mais son commentaire reste difficile à pénétrer pour le lecteur contemporain.Trop souvent, des notions familières au grand maître lui font défaut ; d'autres fois, il traduit les mots, mais leur sens profond lui échappe.
Ainsi, nombreux sont ceux qui se contentent d'une lecture superficielle. Pour aider l'étudiant à mieux s'orienter,le rav Botschko procède en deux temps. Celui de l'Éclaircissement, qui vise à développer les raisonnements et a interpréter le commentaire. Et celui du Questionnement, qu~ a pour but d'expliquer les lois et de réduire les contradictions apparentes:Ainsi,il dévoile les lumières de Rachi " et nous révèle du même coup le sens vrai des Textes, avec une rigueur et une solidité de raisonnement exemplaires:.
Extraits:
Dans ce deuxième volet sur les explications que Rachi apporte sur le texte de la Bible, nous abordons le problème du prêt à gage...
Les versets
(10) Si tu as consenti à ton prochain un emprunt quelconque, tu n'entreras pas chez lui pour saisir son gage :
(11) Tu resteras dehors et l'homme à qui tu prêtes t'apportera le gage au dehors :
(12) Si c'est un pauvre, tu ne te coucheras pas avec son gage :
(13) Tu le lui rendras au coucher du soleil et il couchera dans sa couverture et te bénira, et pour toi, ce sera une bonne action aux yeux du Seigneur :
Explications de Rachi
(en gras la reprise du verset)
Si tu as consenti (10) . Si tu assujettis ton prochain à une obligation par mashat méouma un emprunt quelconque. tu ne te coucheras pas avec son gage (12) . Tu n'iras pas te coucher en gardant son gage chez toi. au coucher du soleil (13). Si c'est un vêtement de nuit. Si c'est un vêtement de jour, rends-le-lui le matin. Il a déjà été prescrit dans la Sidra de Michpatim: " jusqu'au coucher du soleil tu le lui rendras " (Ex XXII, 25), tu le lui rendras toute la journée et au coucher du soleil tu le lui reprendras. et te beniras (13) . Et même si il ne te bénit pas, de toute façon, pour toi cela sera une bonne action.
Eclaircissement
(10) Si tu as consenti. Rachi explique les mots " Si tu as consenti à ton prochain un emprunt quelconque " comme signifiant que ton prochain te doit une petite somme d'argent." Quelconque ", méouma en hébreu, veut dire " rien ", c'est-à-dire ici une très petite dette.
(12) Tu ne te coucheras pas avec son gage. Le mot avote, utilisé dans le verset, est synonyme de machkone : il signifie " gage ". Il s'agit d'un objet que le créancier reçoit du débiteur en garantie du remboursement. A la simple lecture du verset, " tu ne te coucheras pas avec son gage ", on aurait pu croire que la Thora interdit seulement de se servir du gage. Ce n'est pas le cas, dit Rachi : le verset vient prohiber le maintien du gage entre les mains du créancier, si le gage est un vêtement de nuit et que le débiteur est pauvre. La suite du texte impose cette signification.
(13) Au coucher du soleil. Deux versets semblables imposent de restituer le gage : l'un se trouve dans la paracha Michpatim, " jusqu'au coucher du soleil tu le lui rendras ", et l'autre dans notre paracha, " tu le lui rendras au coucher du soleil ". Rachi explique la différence de formulation entre les deux versets. Le premier, dans Michpatim, traite d'un vêtement de jour qu'il faut rendre au débiteur pauvre le matin afin qu'il s'en couvre " jusqu'au coucher du soleil ". Le second, dans notre paracha, traite d'un vêtement de nuit qu'il faut rendre au débiteur pauvre " au coucher du soleil " afin qu'il s'en couvre la nuit.
Questionnement
(10) Si tu as consenti. Il faut comprendre Des employés ou ouvriers, etc., c'est-à-dire pas seulement le remboursement des prêts.
D'après eux, l'enseignement de Rachi est clair : nous pourrions croire que l'obligation de rester dehors et l'interdiction de passer la nuit avec le gage ne portent que sur une dette liée à un prêt et ceci parce que le créancier, en prêtant, a accepté de prendre un certain risque. Mais que dans le cas de dettes ayant une autre origine il n'y aurait pas lieu d'avoir pitié du débiteur. Rachi viendrait nous dire que c'est faux, car le verset porte sur toutes les formes de dettes, sans distinction d'origine.
Proposons une autre explication qui semble plus proche de l'intention de Rachi. Il précise que le tribunal peut prendre un gage même si la dette paraît insignifiante. Il nous enseigne par là qu'il incombe à l'homme de s'acquitter de toutes ses obligations, grandes ou petites...
(prix public: 22euros)
ISBN 2-86970-107-1
Editions Bibliophane
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